jeudi 20 mars 2014

L'art brut comme outil d'ébranlement épistémologique : primitivisme et histoire de l'art

Paris/Institut National d'Histoire de l'Art
Séminaire du CrAB (salle W.Benjamin)
Samedi 29 mars 2014
10h00 – 12h30





Dans le cadre de son séminaire, le CrAB invite à un travail collectif sur la capacité d'ébranlement épistémologique propre à l'art brut. Les disciplines qui l'interrogent se voient en effet interroger par lui en retour, comme sous l'effet d'une réplique. Notion opératoire (C. Delavaux, 2010), l'art brut a cet effet stimulant d' « affoler » nos grilles de lecture (V. Capt, 2013). En ce sens, il permet de penser de manière critique les différentes strates sur lesquelles repose l'assise même des disciplines qui le prennent comme objet d'étude (littérature, linguistique, histoire de l'art, anthropologie, etc). L'art brut engage ainsi à questionner certains de leurs fondements qui restent des impensés : la notion inventée par Jean Dubuffet permet, justement, de les penser.
La séance du 29 mars 2014 consistera à initier cette réflexion du côté de l'histoire de l'art. Baptiste Brun, docteur en histoire de l'art et cofondateur du CrAB, reviendra sur les méthodes mises en œuvre dans sa recherche de thèse et les conclusions qui furent tirées de ce travail. L'art brut sera envisagé comme partie intégrante d'une critique du primitivisme entreprise par Dubuffet dans l'immédiat après-guerre. Plus avant, il s'agira de produire un prolongement de cette critique du primitivisme, celui-ci étant entendu comme constitutif de l'histoire de l'art et condition de son exercice. Ce non sans prolonger à l'insu de la discipline elle-même certains postulats issus de sa genèse où darwinisme et racialisme se confondent. N'est-ce pas là le problème d'une histoire de l'art fondamentalement primitiviste qui s'esquisse ?

  • Céline Delavaux (2010), L'art brut, un fantasme de peintre. Jean Dubuffet et les enjeux d'un discours, (Préface de Gérard Dessons), Paris, Palette
  • Vincent Capt (2013), Poétique des écrits bruts. De l'aliéné vers l'autre de la langue, (Préface de Sarah Lombardi), Lausanne/Limoges, Collection de l'Art Brut/Lambert-Lucas
  • Baptiste Brun (2013), De l'homme du commun à l'Art Brut : « Mise au pire » du primitivisme dans l’œuvre de Jean Dubuffet (1944-1951), thèse de doctorat en histoire de l'art, soutenue le 25 juin 2013 sous la direction de Thierry Dufrêne, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense / École du Louvre

Le séminaire est ouvert au public.
Il se tiendra exceptionnellement de 10h à 12h30 en salle Walter Benjamin, à l'Institut national d'histoire de l'art, 2 rue Vivienne, Paris, 2e, le samedi 29 mars 2014.

jeudi 16 janvier 2014

Grand écart sur les écrits. Des origines psychiatriques aux pratiques contemporaines du brut de l’écriture

Paris/Institut National d'Histoire de l'Art
Séminaire du CrAB
Samedi 1er février 2014
9h30 – 13h00

                                                    Alain Rault, écritures. Photo David Thouroude.

Ce que Michel Thévoz a désigné à partir de 1979 sous le nom d’«écrits bruts», dans le prolongement de l’invention de Jean Dubuffet, a principalement concerné certains écrits asilaires, sortis de leur condition psychiatrique à la suite de diverses prospections menées en France et en Suisse dans certaines archives médicales, tenues préalablement secrètes et anonymes. A l’origine (dès le dernier tiers du 19e), les médecins aliénistes s’étaient penchés sur ces écrits, avec le but principal d’établir le diagnostic de leurs patients, le langage étant, après l’anatomie et le comportement, le lieu de l’observation psychiatrique. Quels étaient les modes de leur lecture ? En quoi le langage a-t-il permis d’établir une première symptomatologie des troubles mentaux ? À ce niveau, quel rôle ont joué le signe linguistique et la rhétorique médicale d’alors ? Enfin, comment certains médecins ont-ils progressivement complexifié leur appréhension pour apparenter certains écrits de l’enfermement aux paradigmes de la poésie et de la littérature ?

Les origines psychiatriques des écrits bruts indiquent que leur saisie a posteriori comme œuvre est un moment de leur historicité: en retour, elles interrogent donc nos grilles de lecture et la capacité de ces écrits à modifier notre regard et, partant, nos savoirs, par l’attribution de nouvelles valeurs, voire l’invention de sujets. Aujourd’hui, quelles sont les écritures affiliées au brut ? Si les écrits de l’enfermement psychiatrique sont moins légion, il apparaît que certaines pratiques urbaines de rédaction, comme celle d’Alain Rault ou de Melina Riccio notamment, ont elles aussi la capacité de modifier notre lecture du monde. Au cours de leurs déplacements, ces «artistes marcheurs» transfigurent par l’écriture les murs des villes, mais ils font aussi de la marche un medium permettant d’oeuvrer, expérimenter et écrire la ville autrement.


                      Melina Riccio. Photo Marta Montacchini, 2010.

Cette matinée propose ainsi un «grand écart» sur les écrits bruts. Suivant une perspective historique inséparable d’une schématique spatiale : de l’exclusion psychiatrique entre quatre murs à celle gravée ou peinte sur les murs même de la cité ou encore tracée par des déplacements poétiques. Dans tous les cas, c’est l’entier de la société et de ses institutions que ces pratiques d’écriture savent interroger.


Programme

9h45-10h : Vincent Capt (Lausanne) - Accueil
10h-10h45 : Juan Rigoli (Genève) - «Lire le délire» : la lecture aliéniste des écrits asilaires
10h45-11h45 : Projection du film «Playboy Communiste» sur Alain Rault, en présence d’un des deux réalisateurs, David Thouroude
11h45-12h : Pause
12h-12h30 : Roberta Trapani (Palermo/Paris 10) - Melina Riccio et Alain Rault : une anthropologie des pratiques contemporaines du brut de l’écriture
12h30-13h : Synthèse et discussions


Cette matinée sera aussi l’occasion de vernir en France et de présenter l’ouvrage tout récemment paru de Vincent Capt, Poétique des écrits bruts. De l’aliéné vers l’autre de la langue (Lausanne/Limoges, Collection de l’Art Brut, Lambert-Lucas), disponible lors du séminaire et à partir de :

 

Rendez-vous samedi 1er février 2014
à partir de 9h30
à l'Institut National d'Histoire de l'Art
Salle Walter-Benjamin
2, rue Vivienne – 75002 Paris
Entrée libre

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Les prochaines séances du séminaire du CrAB à l'INHA se dérouleront les samedis 29 mars et 14 juin 2014.


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Par ailleurs, le jeudi 6 février 2014, de 12h à 13h, dans le cadre de l'exposition «Un autre regard. L'art hors-les-normes dans la murs de la Collection Sainte-Anne», Déborah Couette co-commissaire de la manifestation donnera une conférence sur la correspondance Alain Bourbonnais/Jean Dubuffet, intitulée «L'art hors-les-normes d'Alain Bourbonnais à travers la correspondance Alain Bourbonnais/Jean Dubuffet», au Centre d'Etude de l'Expression (Amphithéâtre Morel, 1 rue Cabanis, 75014 Paris).


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Toute l'équipe du CrAB vous souhaite une très belle année 2014!


dimanche 8 décembre 2013

L'imaginaire cybernétique : le cas Perdrizet (Journées d'étude les 16 et 17 décembre)

Pour annonce:

Les 16 et 17 décembre prochain, Jean-Gaël Barbara et Pierre Cassou-Noguès organise deux journées d'étude (Institut des humanités, Université Paris 7 ; Labex Arts H2H, Université Paris 8) autour de la figure de Jean Perdrizet. Vincent Capt, membre du CrAB, y participe. Ci-dessous, l'argument et le programme :



L'imaginaire cybernétique : le cas Perdrizet
Journées d'étude organisée par J.-G. Barbara et P. Cassou-Noguès
Institut des humanités, Université Paris 7
Labex Arts H2H, Université Paris 8




Jean Perdrizet (1907-1975) a dessiné des machines, des robots et des soucoupes volantes. Les dessins s'apparentent à l'art brut. Perdrizet les envoyait à des savants, français ou étrangers, à des institutions (CNES, NASA, Académie Nobel). Le but de ce projet est d'abord de tenter de constituer un inventaire de l’œuvre de Perdrizet, en explorant les archives de savants et des institutions concernés. Nous voudrions ensuite organiser deux « ateliers » pour interroger son œuvre sous les différents angles qu'elle appelle mais aussi réunir un maximum de renseignements biographiques. Dans un contexte où l'intérêt pour les relations de la science à un extérieur, imaginaire, culturel, est croissant, nous sommes convaincus que Perdrizet est un personnage de première importance. Notre projet entend rassembler cette œuvre qui aujourd'hui disséminée et en tant que telle inexistante, et proposer une première tentative d'interprétation de sa, de ses significations.

Lundi 16 décembre
Archives Nationales, site de Pierrefitte
(Métro Saint-Denis Université)
salle de commission 4

14h00 Introduction Jean-Gaël Barbara, Pierre Cassou-Noguès

Présentation du fonds des Archives Nationales Isabelle Aristide-Hastir (Archives Nationales)

14h30 Conférence
Savine Faupin (LaM Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut)

15h30 Pause

15h45 Conférence
Vincent Capt (Université de Lausanne)

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Mardi 17 décembre
Université Paris 7, Bâtiment Condorcet
 

4, rue Elsa Morante, 75013 Paris
Salle Gris 734A

9h30 Conférence
Ronan Le Roux (Université Paris 1)

10h30 Pause

10h45-12h15 Table ronde
Emilie Champenois (Université Paris 8), Sara Touiza-Ambroggiani (Université Paris 8)

vendredi 6 décembre 2013

Un autre regard - L'Art Hors-les-Normes d'Alain Bourbonnais dans les murs de la collection Sainte-Anne (13 déc.-16 fév.)

Pour annonce :



L’art hors-les-normes d’Alain Bourbonnais dans les murs de la collection Sainte-Anne. Vernissage de l’exposition le jeudi 12 décembre 2013 à 18 h.
Pour les trente ans d’existence de La Fabuloserie, le Centre d’Etude de l’Expression accueille au sein de ses espaces d’exposition des œuvres rares de la collection qu’Alain Bourbonnais a rassemblée, avec passion, tout au long de sa vie. C’est l’occasion de porter un autre regard sur ce collectionneur hors les normes. Les œuvres sélectionnées à cette occasion sont exceptionnelles par leur qualité et nombre d’entre elles n’ont jamais été montrées au public. 

Commissariat : Déborah Couette (membre du CrAB), Anne-Marie Dubois, Antoine Gentil.

Exposition ouverte du 13 décembre au 16 février 2014
Musée Singer-Polignac, Centre d’Etude de l’Expression
 

Centre hospitalier Sainte-Anne 1, rue Cabanis 75014 Paris / M° Glacière / Bus 21 et 62
Renseignements : Centre d’Etude de l’Expression
Tél. : 01 45 89 21 51
ceebolzan@gmail.com

www.centre-etude-expression.com

vendredi 15 novembre 2013

Séminaire du Collectif de réflexion autour de l’art brut à l’Inha, Paris, 30 novembre


L’énergie de l’art fait-elle valser les meubles ?

Art brut, Gestaltung et spiritisme
 
Samedi 30 novembre 2013
à 9h30 heures
Salle W. Benjamin, Inha, Paris


 
Jean Dubuffet opposait à l’« art brut » une notion tout aussi complexe : celle d’« art culturel ». Ce qui manquait selon lui à la « culture » – à la conception et à la pratique de l’art qui en découlent –, c’était une « force vitale ». Cette vie, cette énergie dont témoignerait une création « brute », Anne Boissière en retrouve la trace dans les théories de Hans Prinzhorn. Cette énergie, ce mouvement, Emmanuel Pernoud la traque dans les représentations artistiques et littéraires spirites.
Est-ce dire que l’énergie de l’art fait valser les meubles ? Telle est la question que nous nous poserons avec nos deux invités à l’occasion du prochain séminaire du CrAB.
 
Anne Boissière – Vie, Gestaltung Dubuffet avec Prinzhorn
Jean Dubuffet condamne la culture, c’est-à-dire l’intellect, pour autant qu’il ne cesse de promouvoir un autre critère dans son appréciation et sa définition de l’art : celui d’une énergie ou d’une vie, présente ou affleurant dans les images, et qui s’imposerait d’emblée au regard. De quelle sorte est faite cette vie qui défie les critères conventionnels de l’esthétique ? L’effort d’une théorisation s’en trouve dans le livre de Hans Prinzhorn, Bildnerei der Geisteskranken, sous la catégorie de la Gestaltung qui oblige à remettre en chantier la question de l’art, des images et de la forme.
> Anne Boissière enseigne l’esthétique et la philosophie de l’art à l’université de Lille 3 où elle a dirigé le Centre d’étude des arts contemporains (CEAC). Elle est l’auteur de La Pensée musicale de Theodor W.Adorno, l’épique et le temps (Beauchesne, 2011),  « Adolf Wölfli et Carl Gustav Jung », Adolf Wölfli Univers, (LaM, 2011) et « La naissance de l'art brut 1945-1952 : une part américaine ? », Art brut : une avant-garde en moins ?, (L'Improviste, 2011).  Elle collabore régulièrement avec le LaM à Villeneuve d’Ascq.
 
Emmanuel Pernoud – Le spiritisme, une histoire de meubles ?
Avant de faire parler ou dessiner les esprits, le spiritisme se présente comme un certain usage des tables et des guéridons. Il est des tables tournantes, comme il est des tables à écrire, à ouvrage, à manger, ou des tables de jeu. Nous tenterons de replacer le spiritisme dans cette « valse des meubles » dont les représentations artistiques et littéraires nous offrent d’autres exemples.
> Ancien conservateur des collections d'estampes contemporaines à la Bibliothèque nationale de France, Emmanuel Pernoud est historien del’art contemporain et enseigne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Il est l’auteur de L’Invention du dessin d’enfant en France à l’aube des avant-gardes (Hazan, 2003), L’Enfant obscur. Peinture, éducation, naturalisme (Hazan, 2007) et a récemment publié Paradis ordinaires. L’artiste au jardin public (Les Presses du réel, 2013).
 
Séance organisée par Déborah Couette et Céline Delavaux
 
Rendez-vous
Samedi 30 novembre 2013
à 9h30 heures
Institut national d’histoire de l’art
Salle Walter-Benjamin
2, rue Vivienne – Paris, 2e

mardi 5 novembre 2013

Rencontre autour des fanzines et autres prospectus, Bègles, Création Franche, 23 novembre 2013

Des publications qui puisent aux sources et ressources de l’art brut
Un riche territoire en friche pour la recherche


23 novembre 2013 – Musée de la Création Franche, Bègles
Au concept d’art brut, correspondent non seulement des productions autres, mais aussi la volonté de penser, d’écrire et de publier l’art autrement. Aux expériences d’« édition brute » de Jean Dubuffet, succèdent depuis les années 1980 des publications inventives et souvent confidentielles, à l’initiative de créateurs, de passionnés ou d’amateurs d’art brut de tempéraments fort divers. Lieux d’information, de débat et de création, les fanzines sont désormais indispensables pour la recherche autour de l’art brut.  

Programme
 
9h30 Accueil : petit-déjeuner
 
10h15 Pascal Rigeade, Directeur du musée de la Création Franche.
1989-2016, le musée de la Création Franche : de la maison Sire à la Cité Numérique, déambulation dans les salles du musée de la Création Franche et visite de l’exposition documentaire L’art brut en revues.
 
11h15 Déborah Couette, doctorante à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre du CrAB.
Introduction et présentation la journée d’étude
 
11h45 Jean-Louis Lanoux, écrivain, libraire, auteur du blog animula vagula.
Fanzines brut-attitude
 
12h30 Pause-déjeuner

14h00 Corinne Barbant, attachée de conservation, responsable de la Bibliothèque Dominique Bozo du LaM, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut.
Art brut et revues dans le fonds documentaire de L’Aracine

14h45 Céline Delavaux, docteur en littérature, auteur de L’art brut, un fantasme de peintre et membre du CrAB.
De l’édition brute de Dubuffet au « livre pauvre » contemporain

15h15 Pause café 

15h30 Entrevues Table-ronde avec des acteurs à l’initiative de revues : Jean-Claude Caire, Martine Lamy, Denis Lavaud, Bruno Montpied, Joe Ryczko et Gérard Sendrey. Modérateurs : Déborah Couette et Pascal Rigeade. 

17h30 Fin 

Informations : samedi 23 novembre – 9h30 – 17h30 au Musée de la Création Franche
58 avenue du Maréchal de Lattre Tassigny, 33130 Bègles.
Depuis la Gare Saint-Jean, bus lianes 11, arrêt Bibliothèque.
Tram : ligne C, Terminus Terres Neuves + VCub.
Rocade : Sortie n°20 

Condition d’accès : Entrée libre comprenant le buffet-déjeuner, sur inscription avant le 3 novembre 2013.
Pour participer à la journée, réserver auprès du musée de la Création Franche : 05.56.85.81.73 ou contact@musee-creationfranche.com (les inscriptions sont prises en nombre limité – les demandes seront traitées dans leur ordre d’arrivée)


mercredi 30 octobre 2013

Les Écrits bruts : quand l'écriture est folle

Conférence par Vincent Capt et Florence Choquard

Jeudi 14 novembre 2013 à 19h00 - Lausanne, Palais de Rumine (salle du Sénat)


Les textes présentés lors de cette conférence ont été, pour la plupart, produits par des personnes internées en asile psychiatrique. 

Vincent Capt se penchera sur l'aventure singulière de ces écrits, qui regorgent de perles langagières et de néologismes, conservés aujourd'hui par la Collection de l'Art Brut à Lausanne. De Samuel Daiber à Justine Python, le chercheur va dévoiler ces univers qui font éclater la langue en morceaux. 

Florence Choquard abordera pour sa part l'histoire et la genèse de ces corpus en tant qu'objets autobiographiques, scientifiques et esthétiques. À la croisée des savoirs, il sera question des relations entre patients et soignants, en particulier entre Eugénie Nogarède et le psychiatre Hans Steck à Cery (1927-1951).

Cet événement est organisé par la Bibliothèque Universitaire Cantonale de Lausane en collaboration avec la Collection de l'Art Brut.