lundi 19 juin 2017

Soutenance de thèse de Pauline Goutain

Pauline Goutain est heureuse de vous convier à sa soutenance de thèse:

Les mythologies matérielles de l'Art Brut (1945-1976): dimensions, processus créateurs et matériaux à l'œuvre.
Thèse en Histoire de l'art et Cultural mediations à l'Université Paris Ouest Nanterre, en co-tutelle avec l'Institute for Comparative Studies in Literature, Art and Culture de Carleton University (Ottawa)
Sous la direction de Fabrice Flahutez et Jill Carrick
Lundi 26 juin 2017 à 14h30
Salle Walter Benjamin, Institut National d'Histoire de l'Art, Paris, 2 rue Vivienne

Le jury est composé de:
Marianne Jakobi, Professeure, Université Blaise-Pascal de Clermont Ferrand
Anne Boissière, Professeure, Université Lille-III, 
Emmanuel Pernoud, Professeur, Université Paris-I Sorbonne
Sébastien Côté, Associate professor, Carleton University 
La soutenance est publique. Afin de gérer au mieux la salle et l'organisation du pot de thèse, merci de confirmer votre présence avant le 24 juin à l’adresse personnelle de Pauline Goutain: goutainpauline@yahoo.fr / 0633673792

Résumé:
L'Art Brut est un concept inventé par le peintre français Jean Dubuffet en 1945 pour désigner des œuvres faites par des artistes non professionnels, autodidactes et isolés en contextes rural, psychiatrique voire carcéral. De 1945 à 1976, avec l'aide de la Compagnie de l'Art Brut, il collecta, présenta et documenta ces œuvres dans le but de remettre en question le goût et les valeurs de son époque. Faites le plus souvent à partir de médias non achetés dans des commerces d'art, leur matérialité questionne les catégories artistiques, les pratiques conventionnelles de l'art, ainsi que l'accrochage muséal.
Cette thèse s'attache à montrer en quoi le processus créateur, les matériaux, et les dimensions des œuvres collectées par Dubuffet et ses compagnons ont servi à construire un    « mythe », au sens barthien du terme, dans le contexte de l'après Seconde Guerre mondiale. Nous montrons que les matériaux « pauvres », les formats extrêmes –  très petits, très grands, informes – ont supporté l'idée fantasmatique d'un art « brut », « hors-norme », « anti-culturel » et « autre ». Notre travail réinscrit, d'autre part, le projet de l'Art Brut dans l'histoire des avant-gardes dans le but d'en montrer la spécificité et la portée politique. Nous mettons enfin en avant en quoi les formats des œuvres collectées ont amené à une réforme de l'espace muséal. La Collection de l'Art Brut, ouverte en 1976 et conçue spécifiquement en fonction de la matérialité des œuvres, se présente comme un modèle muséal à part.
Abstract:         
Jean Dubuffet coined the term Art Brut in 1945 to refer to artworks made by untrained and non-professional artists. Between 1945 and 1976, with the help of the Compagnie de l'Art Brut, he constituted and exhibited an important collection made of thousands of artworks – the Collection of Art Brut, which was donated to Switzerland in 1976. Art Brut artworks were collected in psychiatric hospitals, rural contexts, or jails. Some are made with second-hand materials, most of them differ from the academic and artistic conventions of their time, and their uncommon aspect – very large, very small, and formless – questioned the artistic norms. This research demonstrates that the materiality of these artworks has been the support of an avant-gardist project and a myth in the context of the post Second World War. They serve Dubuffet's subversive discourse and his fantasy to transform the art and the society of his time through artworks made outside the “cultural” sphere. They also serve the myth of an art that is “poor”, “humble”, “natural” and “raw”. In addition, this thesis highlights how the size of these artworks have changed museum space and display. Unprecedentedly, the building of the  Collection of Art Brut was conceived according to the materiality of artworks, creating exhibit spaces that could welcome pieces measuring over 5 meters.

                Crédits photo: Collection de l'Art Brut, Lausanne
                Auguste Forestier, Personnage à tête d'oiseau, entre 1935 et 1949, assemblage de pièces de bois sculpté et de matériaux divers, 51,3 x 18,7 x 24 cm, cab-A300.
                Juva, « Vénus » (n°21), ca.1950, 27,5 cm, pierre, cab-187

mardi 28 mars 2017

Journée d'étude "Dubuffet vs la Culture" (Rennes 2, 6 avril 2017)


Jean Dubuffet a produit une « critique de la culture », projet éminemment culturel et paradoxal qui vise un « en dehors » de la culture tout en sachant que de tels « en dehors » ne sont, comme il l’écrit, que des « chimères » ou des « mirages ». Cette « critique de la culture » qu’il présente comme un nihilisme actif répondant joyeusement au nihilisme de la culture occidentale a des accents à la fois rousseauiens et nietzschéens, mais ne sombre jamais dans le « primitivisme ». L’objectif de cette journée d’étude est de décrire cette critique sous ses diverses espèces — car Dubuffet la formule théoriquement et l’exerce à travers ses pratiques artistiques (peinture, sculpture, musique, édifices…) — et d’en préciser l’esprit. Quelles énergies s’est-il appropriées pour la formuler ? Qui l’a suivi ? Qui s’est montré réservé ? Quelle est son actualité ? Et quel est son devenir ? 

 Jean Vodaine, Jean Dubuffet, Dire, 1965, 2e série, n°1



PROGRAMME



10h00 : introduction par Christophe David (Rennes 2), La Critique de l’asphyxiante culture et les autres critiques de la culture

10h30 : Stephanie Chadwick (Lamar University, Beaumont), Dubuffet and the Anti-Culture Culture

11h00 : Vanessa Noizet (Paris 1), Autour d’une Tête archaïque de 1947 : Gaston Chaissac en ses masques

11h30 : discussion puis pause café



12h00 : Jeanne Castillon (Paris 3), “Alonvouare deulôte quotet” : en quête des lieux d'une riche erreur. Lecture des correspondances entre Jean Dubuffet et Claude Simon

12h30 : Rie Kodera (Université de Genève et université de Kyoto), Peintures anticulturelles ? Autour de la pratique artistique de Jean Dubuffet dans les années 1940

13h00 : discussion puis pause déjeuner



14h30 : Raphaël Pyroth (La Source, Lausanne) et Thibaut Vaillancourt (Unil, Lausanne), Tabagisme et boulangerie : Dubuffet et Gombrowicz, déculturation du sujet à l’institution

15h00 : Judith Michalet (Rennes 2), L’anticulturalisme anarcho-désirant de Deleuze-Guattari et son inspiration dubuffétienne

15h30 : discussion puis pause



16h00 : Baptiste Brun (Rennes 2), La leçon de l'Art Brut ou l’autisme cultivé

16h30 : Viola Snethlage-Luz (chercheuse indépendante), The ghosts I called – an art-historical consideration of the ethical dimension of Art Brut

17h00 : discussion puis synthèse collective



Journée organisée par Baptiste Brun et Christophe David

Equipe d’accueil Histoire et Critique des Arts, EA 1279, Université Rennes 2



Campus Villejean (Rennes)
Place du recteur Henri Le Moal - Rennes

Accès : Métro Villejean-Université

samedi 18 juin 2016

Soutenance de thèse de Roberta Trapani

Le CrAB a le plaisir de vous annoncer que la soutenance de thèse de Roberta Trapani (membre du CrAB, chargée de cours à l’université de Paris-Ouest Nanterre et de Paris-Est Marne-la-Vallée) aura lieu le mardi 28 juin 2016 à l'Institut national d'histoire de l'art à 14h30(INHA, Paris, 2 rue Vivienne, salle Fabri-de-Pereisc, rez-de-chaussée). Cette soutenance est ouverte au public.

La thèse d’histoire de l’art de Roberta Trapani, intitulée « Patrimoines irréguliers en France et en Italie. Origines, artification, regard contemporain », s’inscrit dans le cadre d'une cotutelle internationale. Elle a été menée sous la codirection de Fabrice Flahutez (Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense) et Eva di Stefano (Università degli Studi di Palermo).


Cuchi White, Lungotevere, Rome, 1975-1980


RESUMÉ 


Depuis les années 1930, un lent processus d’artification investit des lieux de vie embellis par leurs propres habitants avec des techniques improvisées. Considérés à l’origine comme des curiosités locales, ces sites sont révélés au monde de l’art par les surréalistes, qui amorcent leur documentation. Dans l’après-guerre, ils connaissent une réception de plus en plus enthousiaste au sein de certains milieux artistiques et seront annexés successivement à l’art médiumnique, à l’art naïf, à l’art brut, à l’outsider art, à l’architecture fantastique, entre autres, donnant lieu à une pléthore de définitions. Ces « environnements singuliers » seront alors souvent considérés comme l’expression spontanée d’impulsions intérieures, sans influences ni tradition.

Cette thèse propose de revenir aux origines de cette forme de l'expression humaine, en révélant le mouvement circulaire qui la relie, d’une part, aux cultures populaires et, d’autre part, aux courants officiels de l’histoire de l’art contemporain. Elle examine également les conditions de sa réception.

Tout au long de cette étude, les environnements singuliers sont questionnés dans leur capacité à associer des notions fondamentales – art, culture, authenticité, architecture, marginalité, ornemental, grotesque, baroque, patrimoine, entre autres – et à être saisis comme un outil efficient, contribuant à relancer un questionnement anthropologique sur l'habiter.

JURY

Fabrice Flahutez, Université de Paris Ouest Nanterre la Défense
Marianne Jakobi, Université Blaise-Pascal de Clermont Ferrand
Maria Grazia Messina, Université de Florence
Eva di Stefano, Université de Palerme

INFORMATIONS PRATIQUES

INHA (Institut National d’Histoire de l’Art)
2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs – Paris 2ème arrondissement.


Metro : Palais-Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7), Bourse (ligne 3) ou Pyramides (lignes 7 et 14) 
La salle Fabri de Peiresc est située au rez-de-chaussée

La soutenance sera suivie d’un pot de thèse.
Dans la mesure du possible, merci de confirmer votre présence avant le 23 juin à l’adresse personnelle de Roberta Trapani : ro.trapani@gmail.com