mercredi 27 août 2014

Premier numéro Hors série de Création Franche

En novembre 2013, le Collectif de recherche autour de l'art brut (CrAB) et le musée de la Création Franche organisaient à Bègles, une journée d'échanges dédiée aux "Fanzines d'art brut et autres prospectus". Initiée par Déborah Couette, cette journée avait pour enjeu de montrer l'importance de ces publications confidentielles pour les recherches portant sur et autour de l'art brut aujourd'hui. Le premier numéro Hors série de Création Franche compulse les actes de cette journée. Parmi les intervenants-contributeurs, Déborah Couette, Céline Delavaux, Corinne Barbant, Jean-Claude Caire, Denis Lavaud, Jean-Louis Lanoux, Bruno Montpied, Gérard Sendrey...

lundi 2 juin 2014

« Il était une fois l’art brut… » (exposition au art)&(marges musée de Bruxelles)

Exposition au art)&(marges musée de Bruxelles
13 juin - 12 octobre 2014
Vernissage le jeudi 12 juin 2014


L’art brut, c’est quoi ? Et l’art, comment ça commence ? Parfois, ces deux questions se confondent… L’art brut, par sa complexité, sollicite de nombreux discours, souvent contradictoires, qui s’acharnent à le définir. Nombre d’entre eux, dans cette tentative de saisir l’art brut, construisent des fictions, en fantasmant l’art brut comme une origine de l’art. L’art brut se trouve ainsi associé à divers débuts possibles de l’art : l’enfance, le primitif, la folie ou le génie, le sauvage ou le naturel, l’enfermement ou le désœuvrement… Autrement dit, l’impossible question de ce qu’est l’art brut cherche à se résoudre dans une interrogation tout aussi épineuse : quelle est l’origine de l’art ? Le problème, c’est que l’art brut ne définit pas des productions artistiques, puisque c’est un concept, une théorie de l’art et non une simple appellation. En revanche, l’art brut nous permet de penser des œuvres singulières et constitue un outil extraordinaire pour interroger la définition de l’art. Les fictions qu’il suscite en sont le symptôme. L’art brut montre que la question de l’art ne se résout pas par le classement et le cloisonnement. Le champ de l’art n’est pas un territoire constitué de petites cases juxtaposées : les « genres », les « styles » et les « catégories » existent, mais les frontières, troubles et mouvantes, se superposent et se déplacent au fil du temps.
L’exposition « Il était une fois l’art brut… » prend ces fictions des origines de l’art au pied de la lettre en les matérialisant au fil de cinq séquences. Pour souligner l’arbitraire de cette mise en boîte, une couleur subjectivement choisie a été attribuée à chacune de ces catégories fictionnelles. Car, dire que l’art brut, c’est l’art des fous est tout aussi arbitraire que d’affirmer que, à l’origine, l’art était bleu ! Cette pirouette indique en même temps que cette exposition constitue, elle aussi, un discours.

 © Messieurs Delmotte

Avec des œuvres du art)&(marges musée, du musée du Dr Guislain, de La Fabuloserie et issues de collections privées.
• Avec la participation artistique de Messieurs Delmotte
Commissariat : Déborah Couette et Céline Delavaux, membres du Collectif de réflexion autour de l’art brut (Crab)
Sur l’invitation de Tatiana Veress, directrice du d’art)&(marges musée
Scénographie : Norbert Uzan
Graphisme : Sukrii Kural

Catalogue avec des textes de Baptiste Brun, Vincent Capt, Déborah Couette, Céline Delavaux et Roberta Trapani.
 

Avec le soutien de Psycart et de l’Alliance Française Bruxelles-Europe.

samedi 24 mai 2014

Au Cyclop dessillant : Tinguely et l’art brut

Dans le cadre du Festival d'histoire de l'art de Fontainebleau, Baptiste Brun, cofondateur du CrAB, donnera une conférence au Cyclop de Jean Tinguely à Milly-la-Forêt le dimanche 1er juin prochain, de 14 à 15h. Il y sera question du rapport de Jean Tinguely avec des productions apparentées à l'art brut.

G.Podesta, La cure d'amaigrissement, anc. coll. Tinguely
Milly-la-Forêt, Le Cyclop


"Au sein du Cyclop, des niches ont été ménagées pour recevoir des sculptures du manœuvre italien Giovanni Podesta. Ce goût qu’entretint Tinguely pour des productions réalisées en marge du monde de l’art était déjà manifeste dans son Hommage à H.A. Müller (1962). Sa conception même de l’art fut éclairée par ces auteurs indexés à l’art brut."

"Au Cyclop dessillant : Tinguely et l’art brut"
01/06/2014 - 14h00 à 15h00 Le Cyclop

vendredi 23 mai 2014

Poétique des écrits bruts, Université de Lausanne, mardi 27 mai 2014

A l'Université de Lausanne, mardi 27 mai, Vincent Capt présentera ses travaux autour de la poétique des écrits bruts, en présence de Sarah Lombardi (Directrice de la Collection de l'Art Brut).

"La pensée de l'art développée par Jean Dubuffet sous le nom d'"art brut" passe par le langage et concerne les textes autant que les dessins, les peintures ou les sculptures. D'anciens écrits asilaires conservés à la Collection de l'Art Brut, à Lausanne, seront ici présentés et analysés. Ces "histoires de fou" posent à la critique des difficultés théoriques nombreuses et souvent inédites – autant de problèmes qui impliquent de s'ouvrir à une poétique de l'énonciation, dans le prolongement d'Emile Benveniste et d'Henri Meschonnic.
Les "écrits bruts" déplacent la question de l'altérité de l'aliéné vers le langage. Déplacement historicisé. Moderne par excellence. C'est ce déplacement qui fait le brut de l'art."

Mardi 27 mai 2014, 17h15
UNIL, Anthropole, salle 3032
Vincent Capt est docteur en langue et littérature françaises, enseignant-chercheur et cofondateur du CrAB
Renseignements : Jerome.Meizoz@unil.ch


vendredi 9 mai 2014

Imaginary world : Scottie Wilson & Art Brut (Ottawa, Carlton University Art Gallery)

Du 12 mai au 7 septembre 2014, la Carlton University Art Gallery d'Ottawa présentera une exposition intitulée Scottie Wilson & "Art Brut". Les commissaires d'exposition - Pauline Goutain (membre du CrAB) et Jill Carrick (Professeure d'histoire de l'art contemporain à Carlton University) - reviennent sur l'histoire de Scottie Wilson (1888-1972) et de sa réception.

Scottie Wilson, Eastern Town, 25,5x37,5cm, encre, crayons de couleur, crayon sur papier
Carleton Univerity Art Gallery, 1988.1

L'exposition se propose de revisiter l’œuvre de cet artiste en mettant au jour ses contacts avec le monde de l'art et l'influence que le Canada a pu produire sur ses dessins. 
Cet accrochage a été permis grâce à la redécouverte récente d’œuvres dans les collections canadiennes.

mercredi 7 mai 2014

Parution du quatrième numéro des Cahiers de l'Ecole du Louvre avec l'art brut en ligne de mire

Le quatrième numéro de la revue en ligne des Cahiers de l'Ecole du Louvre. Recherche en histoire de l'art et muséographie vient de paraître. Il fait suite à la journée d'étude qui s'est tenue le 4 juin 2013 à l’École du Louvre, consacrée aux collectes dans les mondes de l'archéologie, de l'ethnographie et de l'art. Réunies par Dominique Jarrassé, les contributions des auteurs interrogent les multiples modalités de la collecte d’œuvres d'art et autres artefacts : rapt, troc, marché, fouilles, etc. Une partie de ce dossier est consacrée à l'art brut, avec des contributions de membres du CrAB.


Baptiste Brun traite des liens de Jean Dubuffet avec le monde de l'ethnographie autour de 1945, notamment les relations entretenues avec l'océaniste Patrick O'Reilly autour des dessins de Somuk. Vincent Capt revient quant à lui sur le cas exemplaire de la collecte des lettres de Samuel Daïber à l'hôpital psychiatrique de Péreux, pour mieux saisir "une historicité qui passe du monde de la médecine psychiatrique à celui de l’art". Déborah Couette s'est penchée sur l'influence de l'entreprise de Dubuffet sur les prospections de l'association L'Aracine autour de 1980, "regard-pilote" écrit-elle. Roberta Trapani s'interroge sur le morcellement d'ensembles immobiliers apparentés à l'art brut et les tentatives de restitution de ceux-ci dans le monde muséal aujourd'hui.

La revue est en ligne.


Dossier « Les modalités de la collecte : rapt, troc, marché, fouilles, don.. Et leur impact sur l’objet » 
Cahiers de l'École du Louvre. Recherches en histoire de l'art et muséologie, n°4, avril 2014 [en ligne], textes réunis par Dominique Jarrassé avec des contributions de Aglaé Achechova, Julien Bondaz, Baptiste Brun, Vincent Capt, Déborah Couette, Louise Detrez et Roberta Trapani

jeudi 20 mars 2014

L'art brut comme outil d'ébranlement épistémologique : primitivisme et histoire de l'art

Paris/Institut National d'Histoire de l'Art
Séminaire du CrAB (salle W.Benjamin)
Samedi 29 mars 2014
10h00 – 12h30





Dans le cadre de son séminaire, le CrAB invite à un travail collectif sur la capacité d'ébranlement épistémologique propre à l'art brut. Les disciplines qui l'interrogent se voient en effet interroger par lui en retour, comme sous l'effet d'une réplique. Notion opératoire (C. Delavaux, 2010), l'art brut a cet effet stimulant d' « affoler » nos grilles de lecture (V. Capt, 2013). En ce sens, il permet de penser de manière critique les différentes strates sur lesquelles repose l'assise même des disciplines qui le prennent comme objet d'étude (littérature, linguistique, histoire de l'art, anthropologie, etc). L'art brut engage ainsi à questionner certains de leurs fondements qui restent des impensés : la notion inventée par Jean Dubuffet permet, justement, de les penser.
La séance du 29 mars 2014 consistera à initier cette réflexion du côté de l'histoire de l'art. Baptiste Brun, docteur en histoire de l'art et cofondateur du CrAB, reviendra sur les méthodes mises en œuvre dans sa recherche de thèse et les conclusions qui furent tirées de ce travail. L'art brut sera envisagé comme partie intégrante d'une critique du primitivisme entreprise par Dubuffet dans l'immédiat après-guerre. Plus avant, il s'agira de produire un prolongement de cette critique du primitivisme, celui-ci étant entendu comme constitutif de l'histoire de l'art et condition de son exercice. Ce non sans prolonger à l'insu de la discipline elle-même certains postulats issus de sa genèse où darwinisme et racialisme se confondent. N'est-ce pas là le problème d'une histoire de l'art fondamentalement primitiviste qui s'esquisse ?

  • Céline Delavaux (2010), L'art brut, un fantasme de peintre. Jean Dubuffet et les enjeux d'un discours, (Préface de Gérard Dessons), Paris, Palette
  • Vincent Capt (2013), Poétique des écrits bruts. De l'aliéné vers l'autre de la langue, (Préface de Sarah Lombardi), Lausanne/Limoges, Collection de l'Art Brut/Lambert-Lucas
  • Baptiste Brun (2013), De l'homme du commun à l'Art Brut : « Mise au pire » du primitivisme dans l’œuvre de Jean Dubuffet (1944-1951), thèse de doctorat en histoire de l'art, soutenue le 25 juin 2013 sous la direction de Thierry Dufrêne, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense / École du Louvre

Le séminaire est ouvert au public.
Il se tiendra exceptionnellement de 10h à 12h30 en salle Walter Benjamin, à l'Institut national d'histoire de l'art, 2 rue Vivienne, Paris, 2e, le samedi 29 mars 2014.